Lutte contre précarité menstruelle

La précarité menstruelle, on en entend de plus en plus parler, mais on ne sait pas toujours ce que cela signifie vraiment. En réalité, il s’agit d’un concept très simple qui peut mener à des conséquences désastreuses. Être en situation de précarité menstruelle, c’est le fait de manquer ou d’avoir des difficultés à accéder aux protections hygiéniques pour des raisons économiques. Certaines femmes doivent choisir entre des protections périodiques et un repas par exemple.


Pour de nombreuses personnes menstruées, cette précarité peut entrainer une forte exclusion sociale. En effet, faute de protections hygiéniques, certaines personnes restent enfermées chez elles pendant la durée de leurs règles. Cela peut mener à des difficultés d’insertion professionnelle ou du décrochage scolaire dans le cas des élèves et étudiants. Au-delà du coût social et humain, les dangers pour la santé sont conséquents. Afin de pallier les manques de moyens financiers pour s’acheter des produits menstruels décents et sains, de nombreuses femmes ont tendance à garder leur protection hygiénique plus longtemps qu’il ne le faudrait, pour en utiliser moins durant le cycle. Ces pratiques peuvent, dans les cas les plus graves, aller jusqu’à développer un syndrome du choc toxique. En France, on estime qu’une femme sur trois[1] renoncerait à changer de protection aussi souvent que nécessaire. Plus marquant encore, certaines femmes se retrouvent dans l’obligation de fabriquer leurs propres protections menstruelles, avec des tissus et matériaux peu hygiéniques, comme des bouteilles d’eau ou du papier journal. C’est notamment le cas des femmes sans-abris et des prisonnières.


Pour rappel, les menstruations concernent environ 16 millions de personnes en France, c’est-à-dire les femmes entre 13 et 53 ans. Cela représente un quart de la population française. Pour toutes ces femmes, le coût moyen des protections menstruelles tout au long de leur vie représente environ 3800€, d’après une étude réalisée par Le Monde en 2019[2] (entre 5 et 7€ par mois). A cela, il faut ajouter des dépenses annexes mais directement liées aux menstruations, telles que des médicaments antidouleurs, des frais de gynécologie etc…


La précarité menstruelle peut concerner toutes les femmes, mais une catégorie de population très touchée est celle des élèves et étudiantes. Selon une étude de l’UNEF en 2015, 20% de étudiants français vivaient sous le seuil de pauvreté[3]. Plusieurs rapports parlementaires ont été rendus sur ce sujet, dénonçant « la prise en charge insuffisante de la question des menstruations, qui contribue à perpétuer les inégalités femmes-hommes ».


La dénonciation de la précarité menstruelle (period poverty) en France a débuté fin 2015, avec le collectif féministe Georgette Sand, qui dénonçait la fameuse taxe rose (le fait que les produits marketés à destination des femmes soient plus chers que ceux à destination des hommes) et la taxe tampon (qui pose la question de la légitimité de taxer ces produits qui devraient, d’après le collectif, être considérés comme des produits de première nécessité, qui discriminent et défavorisent les femmes). Grâce à leur action, la TVA sur les protections hygiéniques est passée de 20% à 5,5%.


En Février 2021, une nouvelle étape est franchie. Le gouvernement décide d’installer 1500 distributeurs de protections périodiques (comme ceux de Cleanitud’) dans les établissements CROUS et les services de santé universitaires, afin de rendre les produits menstruels gratuits pour les étudiantes. Il s’agit en effet d’un pas en avant, mais de nombreuses associations restent sceptiques. En effet, rien n’a encore été précisé quant à la localisation de ces distributeurs dans les locaux (espaces peu visibles, dans un bureau ?). De plus, la plupart du temps, les facultés ne sont pas réunies au même endroit, et le service de santé universitaire n’est pas facilement accessible pour tous les étudiants.


À noter : à ce jour, le seul pays où les protections hygiéniques sont gratuites pour tous est l’Ecosse, depuis Novembre 2020 (par le biais de distributeurs en libre-service installés dans tous les bâtiments publics et sur les lieux de travail).


[1] Sondage réalisé par l’Institut d’études opinions et marketing (IFOP), à la demande de Dons Solidaire
[2] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/07/02/precarite-menstruelle-combien-coutent-ses-regles-dans-la-vie-d-une-femme_5484140_4355770.html
[3] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/11/14/precarite-pres-de-20-des-etudiants-vivent-en-dessous-du-seuil-de-pauvrete_6019163_4355770.html
 

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