BONNE NOUVELLE !

Après plusieurs mois de concertation avec des parlementaires, des organisations étudiantes représentatives et des associations, la ministre de l’Enseignement Supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, a annoncé, le mardi 23 février, que les protections hygiéniques seraient gratuites pour tous les étudiant.e.s à la rentrée 2021.

Plus tôt dans le mois de février, un rapport contenant 47 recommandations (dont celle-ci) concernant les menstruations avait été délivré à la ministre.

L’objectif est d’installer, d’ici au mois de Septembre, 1500 distributeurs de protections périodiques, répartis dans les résidences universitaires des CROUS et les services de santé universitaires. Les protections proposées devront, de plus, être respectueuses de l’environnement, comme l’a indiqué Frédérique Vidal. Cela signifie qu’elles devront être sans plastique, et très probablement en coton bio, sans substances chimiques dangereuses aussi et surtout pour les usagers.

Il existait déjà, auparavant, quelques initiatives de la part de certaines collectivités et facultés, mais cette mesure vient entériner la gratuité pour tous les étudiants.

UN CONSTAT SANS APPEL 

Les menstruations coûtent chères. Il faut compter entre 5 et 10 euros par mois pour des protections périodiques, souvent de mauvaises qualités. À cela, s’ajoutent des frais complémentaires de médicaments, de consultations médicales etc.

Tout cela une fois par mois, 13 fois par an, et en moyenne 456 fois dans une vie (sur la base d’une personne menstruée pendant 38 ans au cours de sa vie). De ce fait, la précarité menstruelle touche de nombreuses personnes, et particulièrement les jeunes. Selon une étude réalisée par l’Association fédérative des étudiants de Poitiers et l’Association nationale des étudiants sage-femme en février 2021, plus d’un tiers des étudiant.e.s aurait besoin d’une aide financière pour acheter de protections hygiéniques. Ce phénomène est encore renforcé à cause de la crise sanitaire de la COVID-19, qui a plongé de nombreux jeunes dans la pauvreté.

DES CONSÉQUENCES SÉRIEUSES

Par manque de moyens financiers, certain.e.s étudiant.e.s se voient dans l’obligation de s’absenter de cours pendant leur période de règles, ou bien d’utiliser des protections de mauvaises qualités (voire faites main). Les protections hygiéniques bas de gamme ont tendance à contenir davantage de plastiques, de chlore et d’autres substances toxiques. Une autre technique est utilisée par les personnes menstruées pour réduire les coûts : garder son tampon plus longtemps. Au-delà de l’inconfort manifeste, cela entraine une augmentation des risques de développer le syndrome du choc toxique.

ENCORE DU CHEMIN …

S’il s’agit bien d’une avancée notable, elle est pointée du doigt par certaines associations féministes, qui dénoncent que cette mesure ne s’applique qu’aux étudiant.e.s. De nombreux débats sont en cours sur le sujet, et le tabou commence à se lever. Cela devrait permettre une meilleure appréhension des menstruations, et ainsi entrainer des mesures adaptées et inclusives.

À noter : à l’heure actuelle, un seul pays au monde a mis des distributeurs de protections hygiéniques en libre-service dans tous les bâtiments publics. Il s’agit de l’Ecosse, qui a fait passer cette mesure en Novembre 2020.